La vie, un jeu de lettres
L’univers n’est que par la grâce d’une lettre absente. Pensez, ajoutez un simple « d » à la vie et vous obtenez le vide. Or, sans vie, cet amas de roches, cette effusion d’atomes et d’électrons qui s’entrechoquent, se rejettent et s’attirent, ne trouveraient personne ni quiconque pour l’admirer et s’admirer. La beauté et la nature sont donc vides sans le regard de la vie pour les contempler. Le temps est certes une valeur physique. Sa relativité n’est peut-être pas simplement que le fruit de règle mathématique et de la constante universelle. Sans la vie, sans l’absence salvatrice du « d », personne ne serait là pour le calculer. Sans vie, le temps est vide et nul. Le passé nait que par la première montre. Il apporte avec lui ses dettes. Une lettre en moins offre de la place… Les distances, autre aspérité du temps, n’aurait alors plus de sens. Un «d» en plus et aucune conscience ne prendrait le temps de mesurer l’écart entre des années lumières et la taille d’un noyau. L’écart serait vide, car il souffrirait de l’absence de comparaison. Vie et vide, une lettre de différence, un univers d’écart. Attention aux lettres, en rajouter une, ce serait une implosion, un big bang à l’envers. Mais finalement, peu importe, dans le vide, la vie n’a que faire.